D’Échanges et d’Ecovillages

« Si on créait un système d’échange dans le réseau écovillage ? »

Cet article présente les Systèmes d’Echanges Locaux, qui pratiquent depuis plusieurs années le troc multilatéral, et propose la création d’un réseau d’échanges écovillageois.
Les Systèmes d’Échanges Locaux sont des associations dont l’objet est de favoriser les échanges de biens et de services entre personnes, dans un esprit de confiance et de solidarité. Pour cela, les SELs diffusent les annonces de leurs adhérents, et proposent un mode de comptabilité des échanges.

On y échange du miel, un coup de main pour réparer le vélo, l’arrosage des plantes pendant les vacances, le défrichage d’un morceau de terrain, une leçon d’espagnol,… Un SEL peut être urbain ou rural, déclaré en association 1901 ou non, copino-libertaire ou très structuré. Il peut s’étendre à un quartier, une vallée, un massif montagneux … La comptabilité, qui évite les abus et garantit la confiance, y est parfois centralisée et contrôlée, ou au contraire certains SELs préfèrent déléguer cette charge à chaque membre. Le plus souvent, chaque adhérent inscrit le volume et la nature de ses échanges à l’aide d’une « feuille d’échange » qui lui permet de savoir où il en est . Pour cela, les SELs utilisent une unité d’échange : le pavé à Paris, la vague à Montpellier … Une heure de service rendu vaut souvent 60 unités d’échanges. Un SEL préfère comme unité la valeur d’un « œuf bio de ferme», et d’autres encore la demie heure de service.

Pour ceux qui veulent être responsables de tous les aspects de leurs échanges, le JEU (Jardin d’Échange Universel) , est un autre réseau, non local, sans comptabilité centrale ni journal d’annonces. Il suffit pour en être partenaire de tenir un cahier de compte personnalisé ou de photocopier une feuille d’échange vierge sur laquelle comptabiliser ses échanges. Les offres et demandes sont véhiculées au gré des rencontres, échanges et marchés, par des cartes de visites fabriquées par chacun des participants (avec un ordinateur ou des feutres de couleurs !)

Les SELs participent quand ils le désirent à Sel’idaire, qui a pour objectif :
- de promouvoir la diffusion des infos sur les SEL
- de mettre à la disposition des SEL les moyens nécessaires pour communiquer et ainsi pouvoir être solidaires.
Les principaux soucis de Sel’idaire sont :
- de toujours mettre en avant la diversité des SEL
- de ne pas porter atteinte à l'autonomie de chaque SEL
 

Des SELs aux Ecovillages

Ces réseaux d’entraide ne sont pas intégrés au système financier. Ils développent une économie équitable, dans laquelle tout le monde peut trouver une place. Même si des participants dépendent des « aides sociales », l’autonomie économique des activités est quantitativement meilleure que celle d’institutions subventionnées (cf. : les  serres bio chauffées au mazout).
Les SELS explorent de nouveaux modes de fonctionnements économiques et organisationnels. Ils créent un tissu social indépendant des revenus, en dehors des catégories exclusives : travail rémunérateur / loisir payant. La qualité de la relation humaine précède le rapport strictement économique. ( le lien plutôt que le bien )
Écologie : les SELs émancipent du leurre de la croissance et de la consommation mondialisée, et préfèrent procurer dans les ressources locales et durables une réponse aux vrais besoins. ( la cueillette dans le verger d’à côté, plutôt que l’importation par avion de pommes de New Zeland )
Réseau : La Charte minimale de Sel’idaire nous rappelle que l’appréciation de la différence est la richesse essentielle d’un réseau. Chaque expérience qui se reconnaît dans le mot « écovillage », même si elle est différente de ce que nous recherchons, apporte quelque chose de significatif (cf. : la biodiversité).
 

Le Système d’Échange Écovillage a pour motivation de :

- Faciliter les rencontres entre membres et avec les écosites existants
Pour un échange on négocie, on coopére. La motivation « écovillage » peut même inciter à traverser quelques départements pour rencontrer un partenaire potentiel, ou un lieu existant.
Rêve : Un charpentier fait une tournée des sites existants et des membres ayant besoin d’un coup de main. A la fin de sa tournée de compagnon, il a tellement échangé qu’il dit avoir construit ainsi la charpente de son écovillage !
- Favoriser la création de nouveaux écovillages.
Les échanges génèrent une dynamique et des synergies directement opérationnelles, lorsqu’elles correspondent à des offres et demandes réfléchies ou à des compétences et besoins avérés.
- Appliquer l’écologie et mettre en pratique les savoirs utiles aux écovillages : agriculture, construction, énergie, juridique, organisation, santé, covoiturage …
Les lieux existants sont l’occasion de chantiers école. L’exemple des WWOOF , un réseau de travailleurs volontaires et de fermes biologiques, est intéressant : il permet de vivre et travailler dans des fermes bio, d’y apprendre par la pratique, et aide à ce que l’agriculture biologique soit une alternative viable pour les fermiers.
 

La mise en œuvre.

- Une personne qui s’inscrit dans ce système d’échange décrit ses offres et demandes de savoirs, pratiques, biens et services.
Elle peut se poser les questions : « Quels échanges ai-je déjà réalisé ? (dans ma vie professionnelle ou non ) » et « Quels sont ceux que je veux réaliser ? », « De quoi ai-je réellement besoin ? », et « Qu’est-ce que je veux et peux apporter ?»

- Des points-relais, animé par des personnes appréciant les relations humaines, peuvent aider les adhérents à formuler leurs annonces, les recueillent, les diffusent localement. Les annonces qui relèvent d ’une plus large diffusion sont communiquées au réseau.
 

Pour activer ce réseau d’échange dans les mois qui viennent, il s’agit de :

- formuler les rubriques : Offres ? Demandes ? Savoirs ? Partage ?
- diffuser les annonces : des annuaires locaux, le journal du réseau des écovillages ?
- proposer une forme de comptabilité : autogérée par chacun des membres, comme dans le JEU ? au moyen de jetons magnétiques collectés sur une carte ? Sans ?
- retenir un nom : Réseau d’Échange de Savoirs et de Pratiques Ecovillageois ?

Je vous invite à participer :

- Qu’attendez-vous d’un réseau d’échange écovillageois ?
- Comment voulez-vous y participer ?
Pour l’instant, soumettez vos petites annonces ici, et adressez vos réponses pour
le Réseau d’Echange, remarques et propositions chez :
Jean-Luc Girard
42 rue du Fbg Figuerolles
34000 Montpellier ;
jean-luc.girard@lonline.fr

A bientôt !           Jean-Luc
 

Bulletin système d'échanges Ecovillage passerelles : Hiver 2000

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